
L’étouffement des adventices est permis en agissant sur le peuplement de la culture pour la rendre la plus concurrentielle possible pour l’espace et la lumière, en couvrant le sol.
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Mode d'action sur les adventices :
Une couverture rapide, importante et homogène du sol par la culture améliore sa compétitivité envers les adventices vis-à-vis de la lumière. Il y a une perturbation du cycle de développement des adventices qui permet de limiter la biomasse et la production semencière des adventices.
L’augmentation de la compétitivité des cultures vis-à-vis des adventices peut se faire de plusieurs façons :
- Introduire au moins une culture étouffante dans la succession culturale. Ces cultures sont caractérisées par une fermeture rapide du couvert pouvant être liée à plusieurs caractéristiques : croissance rapide, aptitude importante à la ramification, feuilles larges et à port étalé, précocité à la montaison.
- Réduire l’écartement entre les rangs permet une répartition plus homogène du couvert et un meilleur ombrage du sol. Un entre-rang réduit correspond à à un écartement inférieur à 17 cm pour les céréales et à 34 cm pour le colza.
- Augmenter la densité de semis en céréales a théoriquement un effet d’étouffement sur les adventices. Cependant, l’augmentation de la densité de semis doit être gérée en cohérence avec le contexte régional (encadré). Ainsi, les semis clairs recommandés en Production Intégrée en Picardie permettent un couvert de culture suffisant dès le début de la montaison grâce à la douceur hivernale qui limite les pertes de pieds et de talles.
- Choisir des variétés de blé avec un port de feuilles retombant, une hauteur relativement élevée et précoce début montaison, pénalise la croissance des adventices
Lorsque cela est possible, il est préférable de combiner ces différentes techniques pour augmenter l’effet d’étouffement : par exemple une culture étouffante, semée dense et avec un écartement réduit.

L’augmentation des densités de semis doit être gérée en cohérence avec le contexte régional. Dans le cas de la Picardie où l’hiver doux limite les pertes hivernales, les semis denses génèrent un risque de développement accru des maladies foliaires, du pied et de la verse physiologique. En Bourgogne, le climat plus continental et les sols plus argileux génèrent plus de pertes de pieds, impliquant de réaliser des semis plus denses qu’en Picardie avec moins de risques de maladies et de verse. En outre, la densité de semis prise seule n’est pas un levier aussi puissant que la succession culturale, le labour, le faux-semis ou le retard de la date de semis pour gérer les adventices. Les semis clairs en blé en Picardie permettent malgré tout une couverture du sol suffi sante pour à la fois ne pas dégrader l’état malherbologique et réduire le risque maladies et verse. |
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- Effet de la variété du blé (port de feuilles) et de l'écartement entre rangs sur le dévelopement des adventices
Pourcentage de couverture du sol par les adventices en relation avec la variété de blé et l'écartement entre les rangs
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Une expérimentation de l’Université de Bonn (Allemagne) a comparé des variétés de blé à port dressé et port retombant combinées à différents
écartements entre les rangs (12 à 24 cm) en termes d’effet sur le développement des adventices. |
- Effet de l'écartement entre les rangs sur la production semencière
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Une expérimentation de l’INRA de Dijon a été réalisée dans une culture de soja semée à 3 écartements : 12,5 cm, 24 cm et 50 cm. La densité est identique dans les 3 traitements (60 plantes/m²). La biomasse et la production semencière d’amarante ont été mesurées et les résultats montrent qu’à densité équivalente, une culture implantée avec un faible écartement entre les rangs, est plus concurrentielle vis-à-vis des adventices parce qu’elle couvre le sol de manière plus homogène en laissant le sol moins exposé à la lumière. Il y a en conséquence moins de production de graines. |
Intérêt des couverts d'interculture :
Les couverts d'interculture ont un effet variable sur l'étouffement des adventices
Capacité d'étouffement* | Bonne | Moyenne | Faible |
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Couvert d'interculture | Moutarde blanche, moutarde brune, radis fourrager, colza, navette fourragère, phacélie, vesce commune de printemps, chou fourrage | Sarrasin, seigle, avoine d’hiver, avoine de printemps, repousses blé/ orge, trèfl e incarnat, trèfl e d’Alexandrie, nyger, moha | Tournesol, ray-grass d’Italie |
Pour un couvert implanté seul, qui se développe dans de bonnes conditions
(Source : Chambres d’Agriculture de Picardie ; ITB, ARVALIS-Institut du Végétal; Cetiom ; INRA ; Fédération des Chasseurs, 2009